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Ethnie Cor au Vietnam : culture, gongs et traditions

En bordure des vastes forêts des Hauts Plateaux du Centre, dans la montagne de Truong Son, au nord-ouest de la province de Quang Ngai et au sud -ouest de la province de Quang Nam, vit le groupe ethnique autochtone Cor.

L’agence de voyage Vietnam Evasion vous les présente.

Leur nom s’écrit Cor, Co, Kor, Col et autrefois, Cua, Trau, La Thu, Thanh Bong, Tra Bong…

L’ethnie Cor compte moins de 30 000 personnes, principalement réparties dans le district de Tra Bong, dans la province de Quang Ngai et un petit nombre dans la province de Quang Nam.

La langue des Cor appartient au groupe linguistique môn-khmer (langues austro-asiatiques), relativement proche de celle des Hrê, des Xơ Đăng et des Ba Na.

Le peuple Cor se distingue non seulement par son physique, mais aussi par ses caractéristiques uniques, telles que ses cultures spécifiques de cannelle et de bétel, ses vêtements, ses fêtes, son art du Gong et son mode de vie.

Les maisons des Cor, le village

Les Cor ne construisaient pas leurs villages en plaine, mais plutôt perchés de façon précaire à flanc de montagne.

Les Cor occupaient de longues maisons sur pilotis, avec une entrée à chaque extrémité.

La maison est divisée en trois parties : un couloir central, un côté cloisonné en petites pièces pour chaque famille, et l’autre côté servant d’espace commun (accueil des invités, réunions, fêtes, grands rassemblements, tissage, loisirs, etc.).

Autrefois, chaque village comptait des maisons parfois longues de plusieurs centaines de mètres, entourées de clôtures armées pour se défendre. Aujourd’hui, on observe une tendance à la séparation des familles qui construisent leurs propres maisons, des maisons de plain-pied de style vietnamien traditionnel. Ces maisons ont des toits en tôle ondulée, des toits de tuiles, et des murs en briques.

Une maison longue du groupe ethnique Cor a été restaurée dans la zone touristique de Dong Mo, Son Tay (Hanoï). Proche de Ba V, on visite le village culturel des ethnies.

L’ancien du village

Chaque village a un « ancien du village ».

Le chef de chaque hameau est généralement l’homme le plus âgé et le plus respecté, il dirige toutes les affaires du village. Il est assisté par le conseil des anciens. Il a pour mission de rassembler et de renforcer l’unité; de créer des relations étroites et intimes, et de fournir des conseils appropriés pour aider les gens à mettre en œuvre des politiques adaptées aux conditions locales.

Au sein du village, les liens sont étroits, qu’ils soient familiaux ou matrimoniaux. Bien que chaque famille ait ses propres moyens de subsistance et ses propres terres, le sentiment d’appartenance à la communauté est très fort.

Les ressources du village Cor

L’agriculture est la principale source de revenus, le riz est l’aliment de base. La culture intercalaire et la polyculture sont pratiquées, ainsi que la rotation des cultures. Le bétel et la cannelle sont cultivés depuis des générations par le peuple Cor.

La cannelle est une source de revenus précieuse et abondante. La plantation de cannelle représente un atout important. Sa culture prend généralement dix ans et plus avant de produire. La vente de la cannelle permet aux familles d’acquérir des biens traditionnels (gongs, cymbales, jarres, buffles), et des objets usuels contemporains (véhicules, maisons, meubles). La vente de cannelle permet de subvenir à leurs besoins en nourriture, vêtements, le troc est une méthode privilégiée.

Chaque année, au dixième mois lunaire – la saison des récoltes –, les Cor érigent un mât cérémoniel et offrent des animaux en sacrifice pour remercier le dieu de la montagne, le dieu de la rivière et le dieu de la cannelle de leur avoir accordé une récolte abondante.

Les buffles, les porcs et les poulets sont principalement utilisés pour les offrandes sacrificielles ; presque chaque foyer possède un chien.

Le tissage et la forge sont peu développés.

La famille Cor, ses coutumes, ses costumes

Coutumes matrimoniales

Coutumes matrimoniales : la forme de mariage la plus courante est celle où le mari réside chez la famille de son épouse. Les mariages sont simples, peu coûteux et constituent une occasion pour tous de célébrer et d’assister à l’union des époux.

Appartenant à une Société patriarcale, l’homme est le chef de sa maison, il prend toutes les décisions.

Les vêtements

Les Cor achètent leurs vêtements auprès des Xơ Đăng et des Vietnamiens.

Les hommes portent un pagne et sont souvent torse nu.

Les femmes portent des jupes et des chemises à manches courtes ; et un châle par temps froid. De nos jours, les vêtements vietnamiens sont largement répandus ; on voit encore des jupes portées par certaines femmes, mais elles sont toutes confectionnées en tissu industriel. Les tenues de fête des femmes Cor sont d’une grande richesse. Leurs robes et jupes sont ornées de bijoux somptueux et précieux. Parmi les plus remarquables, on trouve les colliers de perles multicolores, portés sur la tête, le cou et les hanches, agrémentés de pompons colorés

Aujourd’hui, les bijoux sont rares et simples ; en dehors des festivals il est difficile de voir des femmes parées de nombreux colliers comme autrefois.

Les croyances des Cor

La croyance en l’animisme influence profondément la vie des Cor, se manifestant dans leur mentalité, leurs coutumes, leurs rituels et leur culture. Toute chose possède une âme : rivières, ruisseaux, plantes, rochers, montagnes, forêts… La vie humaine est protégée par ces forces surnaturelles

De nombreux tabous et rituels sont liés à la production et à la vie quotidienne.

Il existe des fantômes des défunts de décès ordinaires et de décès atypiques.

Au décès, le cercueil en bois, taillé dans un seul tronc, est enterré au cimetière du village, non loin du domicile. Les biens du défunt sont répartis sur la tombe, ses effets personnels, mais aussi des jarres, des gongs et autres objets du quotidien qui lui serviront dans l’au-delà.

Les Cor nomment les hauts sommets « Ông Núi » (Monsieur Montagne) et « Bà Núi » (Madame Montagne). Ils croient que des esprits y résident, le monde des « fantômes » (ka muych) et des « dieux » (kơi, ma) est très vaste. Des fantômes des canneliers, des fantômes des banians, de l’eau, des dieux du foyer, orchestrent la vie des Cor.

Lors de leurs rituels, les Cor prient les dieux des rivières et des ruisseaux environnants. Ils vénèrent les dieux de l’eau et même les pierres, auxquelles sont associés certains tabous.

Le peuple Cor célèbre de nombreuses fêtes

La musique, la danse et les spectacles Cor font partie intégrante de la vie, servent à éloigner les oiseaux et les animaux, à protéger les récoltes, et sont liés à des rituels sacrés.

Après la récolte du riz, ils célèbrent la Fête de la Chute de la Paille, en vénérant une déesse qu’ils considèrent comme la mère de toute vie. Cette fête marque la fin de la saison agricole. Ils remercient les esprits et prient pour une récolte abondante la saison suivante

Dans le panthéon des dieux du peuple Cor, le dieu du riz est une divinité très importante, protectrice de leurs récoltes et de leurs activités agricoles. Ils croient que le plant de riz lui-même possède un esprit. De nombreux rituels y sont liés. Par exemple, la cérémonie des semailles et celle de la lutte contre les parasites. À la maturité du riz, les Cor célèbrent la nouvelle récolte. Ils adressent des prières aux esprits, leur demandant la permission de battre le riz et de le rapporter chez eux.

La plus importante des fêtes étant le sacrifice du buffle aux dieux, une fête villageoise majeure. Le Nouvel An est une période d’effervescence.

Lors de la fête du village, on admire la grâce des jeunes filles dans la danse traditionnelle, et la force des jeunes hommes, accompagnés par le son des gongs qui résonnent dans les montagnes et les forêts.

De l’art du gong aux chants Ta Bon des Cor

Le peuple Cor a créé un style unique, profondément ancré dans son identité ethnique. Lors des festivals, le concours de gong est toujours attendu avec impatience, les musiciens y déployant avec enthousiasme leur talent.

Le peuple Cor considère le combat de gong comme un art unique, réservé aux jeunes hommes robustes dotés d’une force physique et d’un talent musical exceptionnels.

Le jeu, proche des arts martiaux, met en valeur la force, l’agilité et la vivacité d’esprit es combattants. Lors des duels à deux gongs, les sonorités acquièrent une dimension singulière. Les artistes, musiciens, possèdent la force physique nécessaire pour exécuter des mouvements puissants, tels des maîtres d’arts martiaux.

Le jeu de gong en alternance n’est pas seulement pratiqué par l’ethnie Cor à Quang Ngai. Lors des fêtes traditionnelles, il est également présenté lors de festivals d’échanges culturels du district, de la province, voire de la région et du pays.

Le jeu de gong en alternance constitue un précieux patrimoine culturel immatériel de l’ethnie Cor. La province de Quang Ngai a su promouvoir cet art avec succès, grâce à de nombreux interprètes de renom.

La musique de gong en alternance des Cor contribue à préserver et à transmettre l’essence de la culture ethnique des régions montagneuses de Quang Nam et Quang Ngai.

Pour raviver l’intérêt pour l’art populaire, le gouvernement de Tra Bong a soutenu la création de troupes artistiques et d’ensembles de gong, qui sont importants pour l’art national.

Danses et chants Ta Bon

Le peuple Cor aime danser, chanter, jouer du gong et du tambour.

La danse n’apparaît que lors de la cérémonie du sacrifice du buffle.

Les chants folkloriques Xru possèdent d’innombrables mélodies folkloriques. Leurs histoires ancestrales, transmises oralement de génération en génération, captivent toujours autant, parmi elles on distingue les chants Ta Bon.

Les Ta Bon sont des contes chantés qui reflètent la vision du monde, du pays, des montagnes, de la formation de l’humanité et de la société chez le peuple Cor… Les écouter approfondit leur compréhension et leur amour pour leur terre natale et leurs origines ethniques. Chaque soir, dans l’atmosphère paisible de la maison longue, près du feu, les anciens racontent des histoires de Ta Bon à leurs enfants et petits-enfants.

« Au cœur d’une vaste forêt, un village est isolé des autres, et les routes sont éloignées les unes des autres. Le soir, les habitants de Cor se réunissent dans la salle commune du village, appelée gươl. Ils racontent des histoires, de Ta Bon :

L’histoire raconte qu’une montagne aux formes étranges se dresse sur le territoire des Cor. Face à cette formation étrange, les habitants expliquent, qu’autrefois, une princesse qui aimait ramer, arriva à cet endroit. Malgré ses appels répétés, le dieu de la montagne refusa de lui ouvrir la porte. Furieuse, la jeune fille fit traverser la montagne par son bateau, entaillant les sommets. C’est pourquoi on l’appelle aujourd’hui la Montagne aux Dents de Scie.»

Le festival de consommation de buffle du peuple Cor s’appelle xa ố piêu.

Le peuple Cor organise des festins de buffles lorsque les récoltes sont abondantes, quand il s’agit de célébrer une nouvelle maison ou le déménagement du village. Ces festivités ont également lieu lorsque le village est touché par la maladie ou une épidémie. Le but est de remercier les esprits et de prier pour la paix.

Le buffle utilisé pour le festival doit être un mâle pour être accepté par les esprits. Le peuple Cor considère qu’un buffle à la tête courte et large, et aux grandes cornes recourbées, est beau. Une fois le buffle attaché à l’endroit prévu, les Cor pratiquent un rituel pour chasser les mauvais esprits.

L’art décoratif est principalement concentré dans le mât cérémoniel et le « gu » utilisés lors de la fête du sacrifice du buffle.

Le poteau cérémoniel est absolument essentiel. Pièce maîtresse de la cérémonie, il est fabriqué en bois de fer et finement sculpté de motifs complexes.

Si vous visitez un village Cor lors de leur fête de la « consommation de buffle », vous serez impressionné par les sculptures de martin-pêcheur ornant les bannières. Le martin-pêcheur est un symbole du peuple Cor. C’est un oiseau agile au vol puissant, gracieux et ondulant. Prédateur naturel des sauterelles et des criquets, il aide le peuple Cor à protéger ses récoltes. Pour eux, le martin-pêcheur est non seulement un ami, mais ils croient aussi que voir et entendre son chant à l’aube porte bonheur.

À la rencontre des Cor avec Vietnam Evasion

L’agence locale de voyages Vietnam Evasion, vous invite à la rencontre de ce peuple à la riche culture.

Un circuit avec guide confirmé permet une interaction avec les Cor et les autres ethnies des hauts plateaux du centre Vietnam.

Partez à l’aventure, vivez d’intenses moments. La convivialité et la culture sont au rendez-vous.

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Fabienne NGUYEN

Je suis née à Saïgon et ai quitté le Vietnam enfant. Quelques années plus tard, un retour au pays a suscité en moi une émotion intense, comme une véritable révélation : celle de mon pays de naissance, avec ses paysages, ses cultures et ses rencontres si riches. Depuis, j’ai effectué plus d’une dizaine de voyages au Vietnam, dont un grand nombre avec Vietnam Evasion, chacun durant trois à quatre semaines. Avec curiosité, sensibilité et un profond respect des cultures locales, j’explore les nombreuses régions du pays, des grandes étapes incontournables aux chemins plus confidentiels, aux tribus les plus reculées. Mes articles sont avant tout le partage sincère de ce que j’ai véritablement vécu sur le terrain

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