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Les Mnong du Vietnam

Les Mnong du Vietnam

Présentation – origine

Les Mnongs occupent les deux rives de la rivière Serepok qui dévale les hautes terres du Vietnam central vers le Mékong.

Les Mnong appartiennent au groupe Môn-Khmer de la famille ethnolinguistique austro-asiatique.

Le groupe ethnique Mnong dans la province de Dak Lak au Vietnam vit avec les éléphants depuis plus de mille ans.

Cultures vivrières

Ils pratiquent l’essartage ou ils « mangent la forêt » selon leurs propres termes.

Ils choisissent un pan de la forêt puis ils la défrichent et y mettent le feu avant de semer le riz en poquet sur ce pan brûlé et fertilisé par les cendres. Cette méthode ne permet pas d’avoir une riche moisson au delà de deux ans. Ils sont obligés de changer constamment l’emplacement de leurs champs (miir), tous les deux ans pour permettre à la forêt de se régénérer. Ils peuvent la réutiliser seulement dix ou vingt ans plus tard.

Ils utilisent des buffles pour labourer les champs puis sèment, sans repiquage, comme dans les plaines.

On trouve ici non seulement les plantes alimentaires ( millet, sésame, ignames, patate, manioc etc…) mais aussi les cultures de tabac, cotonnier, curcuma etc.

La cueillette continue à occuper une place importante chez les Mnongs. La forêt leur fournit à la fois des plantes pharmaceutiques sauvages, des plantes à poison, des plantes alimentaires et autres ( pousses de bambous, rotin, cannelle etc…) et des matériaux de construction.

Les maisons –  les villages

Leur village est un espace social très réduit.

Le chef du village (ou rnut) est chargé de gérer les affaires.

Le village est d’environ une centaine d’individus. En franchissant les limites du village, un habitant peut devenir un étranger, un ennemi ou un simple visiteur. Leurs maisons dont les toitures en herbe à paillote descendent si bas qu’elles cachent souvent les parois en bois, sont des cases rectangulaires soit de longue taille, soit de petite taille.

Elles reposent sur le sol de terre battue pour les Mnong Gar tandis que les Mnong Rlam vivent sur des cases sur pilotis.

La famille

Le noyau de la société est la famille.

L’organisation sociale est de type matrilinéaire et exogame.

Les enfants portent le nom du clan de leur mère. La transmission des biens se fait de mère en fille.

Le mari vient habiter chez les parents de sa femme. Les mariages des veufs et veuves avec les fratries des défunts existent encore.

Un jeune homme doit se renseigner sur le clan auquel la fille appartient avant d’entamer le mariage. L’exogamie (règle matrimoniale imposant de chercher son conjoint à l’extérieur de son clan) renforce la parenté et tisse un réseau d’alliances qui permet à l’espace social restreint qu’est le village de respirer.

L’échange joue un rôle pivot dans la vie quotidienne des Mnong. On s’aperçoit que l’échange n’est pas non seulement au niveau des biens mais aussi sous forme d’entraide dans les travaux de construction aussi bien que dans les travaux agricoles ( défrichement, moissons etc …).

Les costumes

Les hommes portent un long pagne de coton indigo dont l’extrémité frangée de cuivre et de laine rouge retombe à mi-cuisse comme un petit tablier. Cette ceinture-tablier sert à porter toutes sortes d’objets: le couteau, l’étui à tabac, le poignard et les talismans individuels (ou pierres-génies ).

Ils portent une veste soit courte soit longue à la saison froide. Sur leur tête ils portent un turban noir ou blanc ou font un chignon.

Ils portent au cou des colliers de fer ou en perles de verre ou des dents de chiens provenant d’un rite exorciste.

Il est très important pour les femmes Mnong de tisser elles-mêmes et de confectionner des vêtements pour les membres de leur famille.

Pour les femmes Mnong, la tenue est généralement composée d’une jupe courte et une veste à manches courtes.

Les femmes aiment particulièrement les colliers en perles de verre.

Les hommes comme les femmes fument du tabac et consomment beaucoup de bière de riz.

Les croyances

Les Mnong sont des animistes. Ils pensent que toute chose a une âme et même les ustensiles.

L’univers est peuplé de génies c’est pourquoi l’appel aux divinités ne se cantonne pas dans un endroit particulier mais s’éparpille partout, dans le village, dans les bois, dans les monts et les eaux. Il sera, soit évoqué collectivement, soit honoré d’un culte spécial dans des circonstances particulières.

C’est le cas du génie du riz auquel un petit autel est dédié au milieu du ray (culture sur brûlis).

Durant les semailles, le Mnong viendra placer ses offrandes.

Comme le paddy (riz non décortiqué) a une âme, il faut éviter de le faire se courroucer et de le faire fuir en prenant soin d’un grand nombre de précautions: éviter de siffler, de pleurer, de chanter sur les champs ou de s’y disputer, de manger des concombres, des citrouilles, des œufs, des êtres glissants (serpents, grenouilles, anguilles) etc.

Une poule sera sacrifiée près de la hutte miniature de l’âme du riz perchée sur un bambou lui-même cerné par des bambous portant des nids à offrandes.

Il y a même des divinités censées être les gardiens de l’âme de l’individu…

L’art

Le trésor des histoires anciennes, en particulier les épopées et les rituels sont perpétrés. Les proverbes, les chansons folkloriques sont très riches. Les instruments qui les accompagnent sont des gongs, des trompettes, des cornes de buffle, des luths à une corde, des luths à 8 cordes et des flûtes verticales. La peau de courge séchée est couramment utilisée pour créer des amplificateurs de son dans de nombreux instruments de musique en bambou.

Le premier lithophone a été découvert en 1993 chez les Mnong de la province de Dak Nong « Ces pierres produisent des sons inédits. Les sons émis se mêlent à l’harmonie de la forêt et nous ramènent vers la nature ». Pour les Mnong, c’est un moyen d’entrer en contact avec les forces célestes et de relier le présent avec le passé.

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